Des origines médiévales à l’implantation actuelle du village, une histoire liée au relief et à la défense naturelle du site.
Châteaudouble doit son nom à la présence de deux châteaux au Moyen Âge, chacun implanté sur une rive de la Nartuby.
L’Église Notre Dame du Fort était anciennement bâtie sur le rocher. Le village comptait alors deux châteaux, l’un situé à l’emplacement de l’actuel cimetière et l’autre sur la rive opposée de la Nartuby.
Les remparts et la tour assuraient la sécurité des lieux. Au milieu du XV°sc, le village quitte l’emplacement primitif, devenu trop exigu, pour s’installer sur les falaises, autour de la nouvelle église Notre-Dame de l’Annonciation.

Véritable institution au village, le Cercle Saint Martin, fondé en 1839, s’inscrit dans la tradition des cercles en Provence.
Pour la plupart fondés dans la seconde moitié du XIXe siècle, ces cercles organisent la sociabilité dans les villages, et se sont constitués différemment selon leur localisation (citadine, périurbaine ou rurale) et aussi selon les valeurs qui les sous-tendent : républicaines (« cercles rouges »), royalistes (« cercles blancs »), religieuses, culturelles, corporatistes et économiques.
On peut ainsi trouver plusieurs cercles au sein d’une même commune avec une distinction à la fois géographique et idéologique. Le point commun entre toutes ces associations est la solidarité manifestée d’abord entre membres, qui se concrétise par la création de coopératives et de mutuelles d’aide, puis tournée vers les habitants du village ou de la ville.
A Châteaudouble, il existait plusieurs cercles, mais seul le Cercle Saint Martin, « blanc » à l’origine, à survécu. Devenu un Cercle de solidarité au cours du XXe siècle et régie par la loi de 1901 sur les associations, cette institution possède un conseil d’administration, délivre des cartes à ses membres après le paiement d’une cotisation annuelle, qui permettra au trésorier de constituer un budget.
Pour le visiteur, le cercle se présente sous la forme commune d’un bar : on y boit, on y joue aux cartes ou aux boules. Devenu le principal lieu de sociabilité au village, les habitants y viennent toute l’année pour se retrouver autour d’un verre et discuter. Régulièrement sont organisés des repas et des évènements (concours de cartes, loto…) et l’été venu, chaque vendredis et dimanches des concerts sur la terrasse.

Le 15 juin 2010 reste une date profondément ancrée dans la mémoire de Châteaudouble.
Ce jour-là, des précipitations d’une intensité exceptionnelle frappent le centre du Var. En quelques heures, les cumuls de pluie atteignent localement plusieurs centaines de millimètres, provoquant des ruissellements considérables et La Nartuby entre alors dans une crue particulièrement violente.
À Rebouillon, les premiers débordements surviennent dans l’après-midi. Le hameau est frappé une première vague, survenue aux alentours de 16 heures, meurtrière : trois personnes sont emportées et perdent la vie.
La catastrophe bouleverse également profondément le paysage. Dans les gorges de Châteaudouble, d’importants mouvements de terrain et phénomènes d’érosion affectent les versants et la chaussée. Une partie de la RD 955, qui permettait de relier directement Rebouillon au village de Châteaudouble, s’effondre. La route est fermée à la circulation et cette liaison directe ne sera jamais rétablie.
La disparition de cet axe routier a profondément modifié la vie de la commune. Alors que Rebouillon et le village de Châteaudouble appartiennent à la même commune, ils ne sont désormais plus directement reliés par la route.
Suite a ces inondations,
Le Syndicat Mixte de l'Argens, dans le cadre du Programme d'Actions de Prévention des Inondations (PAPI) de l'Argens et des Côtiers de l'Estérel, conduit notamment d'importants travaux sur la Nartuby.
À Châteaudouble, ces aménagements concernent environ 2 kilomètres de cours d'eau. Ils visent notamment à redonner davantage d'espace à la Nartuby, restaurer ses berges, protéger les routes et les réseaux situés à proximité du cours d'eau et limiter leur exposition à l'érosion et aux crues.
À Rebouillon, une stèle commémorative rappelle aujourd'hui le drame du 15 juin 2010 et rend hommage aux trois victimes du hameau.